On la connaît pour ses rôles au théâtre et au cinéma. Anouk Grinberg pratique aussi la peinture, le dessin, le pastel, l’encre de chine… sans idée préconçue ni censure. Pour elle, toute vérité doit être pure, sans artifice. Elle peint d’instinct avec la certitude que la sincérité de sa démarche ne peut pas être prise en défaut. À Moderne Art Fair, la galerie GNG présente un ensemble d’œuvres anciennes et récentes d’Anouk Grinberg, choisi avec l’artiste, le galeriste Gilles Naudin et sa très chère amie photographe Sarah Moon.

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Anouk Grinberg : le regard, une obsession

« Je suis obsédée par le regard », confie Anouk Grinberg. Dans ses dessins, les yeux attirent et troublent. Ils semblent nous observer autant que nous les regardons. Autour d’eux, des formes apparaissent, se métamorphosent, brouillent les frontières entre les êtres. Une figure humaine, parfois animale : rien n’est tout à fait fixé. « J’essaie de capter ce qu’il y a dans leurs yeux de mélancolique, de résistants, de sauvage, d’innocent aussi », développe de ses propres yeux, pétillants de passion, l’artiste entre deux dédicaces de son livre « Mon cœur » publié chez Actes Sud.

Comédienne et autrice reconnue au théâtre comme au cinéma, Anouk Grinberg trouve dans le dessin un autre espace de liberté. Les formes viennent, les présences s’imposent, sans qu’il soit nécessaire de tout expliquer. « Les dessins viennent de derrière ma tête, presque sous la dictée. Et le derrière ma tête, je ne le connais pas ». Ses œuvres accueillent à la fois l’inquiétude et la douceur, l’étrangeté et une forme de pudeur. « Il y a une complète empathie car je travaille avec l’émotion et dans le même temps, je la combats. Ca ne doit pas être comme un stylo qui fuit. Il faut de la tenue. De la pudeur donc ». Ses œuvres laissent au regardeur la place de s’approcher et de chercher. « Quand on aime la vie, on peut aller faire son marché dans le monde obscur. Le dessin me permet de crier sans déranger les voisins. Et après les gens viennent se reposer dans mon cri. »

Des œuvres qui se répondent

Pour l’exposition, Anouk Grinberg a choisi les œuvres avec Gilles Naudin, fondateur de la galerie GNG en 1995, et Sarah Moon, « The Chanel girl » au temps où elle défilait à la photographe à la  patte immédiatement reconnaissable, qui est une amie très importante d’Anouk avec laquelle elle réfléchit sur les images « Certaines œuvres exposées ici aujourd’hui, ont vingt ou trente ans ; d’autres sortent tout juste du four ». La sélection ne suit pas simplement une chronologie. Elle fait plutôt apparaître des correspondances, des gestes qui évoluent et des obsessions qui demeurent.

Cette rencontre entre les périodes donne à voir un parcours sans le refermer. Les dessins anciens ne sont pas de simples souvenirs, les plus récents ne viennent pas tourner la page : ensemble, ils composent un dialogue autour des visages, des formes et de ce que le regard peut saisir. Ou laisser dans l’ombre. Il y a les paysages aussi qui constituent pour Anouk « Une harmonie, quelque chose d’intact, de pur, de doux qui procure de la joie à dessiner. Homme ou Nature, c’est la même joie parce qu’il s’agit de la même énergie de liberté ».  

Anouk Grinberg : « La beauté et l’authenticité en tout »

Ce qui me bouleverse chez Anouk Grinberg, c’est son regard. Dans ce regard on voit une intelligence que l’on devine capable de vous sonder jusqu’à l‘âme et à la fois une sorte d’innocence enfantine qui déroute. On retrouve cette étrangeté attachante et bouleversante dans ses tableaux.

Chaque art a son propre langage et ses exigences. Dans l’écriture, le jeu, la peinture, Anouk saisit cette matrice commune, « ce quelque chose qui n’est rien sans authenticité ».  Elle cherche la beauté et l’authenticité en tout. Elle conclut : « Je cherche dans tout à ne pas être une professionnelle ».

La carrière d’Anouk Grinberg, tant dans son travail de comédienne, d’artiste, de peintre ou d’écrivain, s’est toujours exprimé avec la même exigence de sincérité. Anouk Grinberg est une œuvre en soi.

photo Anne-Charlotte Laugier / Anouk Grinberg
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Gilles Naudin, un galeriste qui s’engage

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Gilles Naudin est galeriste, mais aussi auteur-compositeur de musique. Ses choix sont exigeants. Tous les artistes ne sont pas exposés par lui. Mais lorsqu’il décide d’accompagner quelqu’un, il s’engage dans la durée et reste fidèle à son travail. La galerie GNG, que Gilles Naudin a fondée en 1995, offre aux artistes plusieurs occasions de rencontrer leur public : expositions, catalogues et présentations dans des foires en France et à l’étranger. Elle défend ainsi leur travail et lui donne un cadre pour être vu et compris.

Cette sensibilité à la création traverse sa manière de regarder les artistes. Gilles Naudin s’intéresse à ce qu’ils montrent, bien sûr, mais aussi « à ce qui porte leur travail : leur vision, leur tempérament, leur charisme, leur monde intérieur« .

Gilles Naudin ne s’arrête pas à l’image immédiate. Tout comme pour les artistes Walaa Dakak ou Francis Kern, le galeriste cherche à comprendre ce qui les anime et leurs visions qui s’y dessinent. Il accompagne la rencontre entre les œuvres et le public comme ces jours-ci, à MODERNE ART FAIR, place de la Concorde à Paris, tout en leur laissant leur part de mystère.

Exposition Anouk Grinberg, galerie GNG

Où : place de la Concorde 

Quand : du 22 au 25 octobre 2026 à Paris 

Les œuvres d’Anouk Grinberg sont à retrouver à la galerie GNG, 3 rue de Visconti, 75006 Paris